Accueil > Bordeaux primeur 2017

Rapport final

On se souviendra sans doute de ce millésime comme de « l’année du gel », la région de Bordeaux ayant souffert les épisodes de gel printanier les plus dévastateurs depuis 1991. Mais la véritable surprise a eu lieu près d’un mois avant, lorsque la région a connu aux derniers jours de mars et durant la première semaine d’avril du temps anormalement doux, les températures maximales se hissant jusque dans les 20 °C. En conséquence, le débourrement de la vigne a été devancé de deux à trois semaines. Parfois, cette occurrence augure bien, car elle signale le début d’une longue saison végétative, mais elle expose aussi la vigne aux dommages causés par les gelées printanières tardives. C’est malheureusement ce qui est arrivé. Les gelées printanières ont touché près de 80 % des vignobles et la production totale de vin en a été réduite de 40 à 50 %. Heureusement pour les célèbres terroirs et vignobles situés près de l’estuaire ou sur les pentes et les plateaux, le gel a été moins destructeur et la plupart des grands crus classés ont été largement épargnés et ont donné entre 80 et 90 % de leur production habituelle. Il est important de comprendre que dans les cas comme celui-ci où les nouvelles pousses sont détruites par le gel, la vigne elle-même demeure saine. Elle poursuit sa croissance et produit une seconde génération de nouvelles pousses. Celles-ci accusaient cependant deux semaines de retard plutôt que deux semaines d’avance.

Le reste de la saison végétative, pour les plus grands vins du moins, a été défini par l’été, qui s’est montré moins que remarquable. Les mois de juillet et d’août ont été plus frais que la normale, il y a eu moins de soleil et le temps a été plus sec. Le mois de septembre a apporté les pluies tant attendues, entrecoupées de périodes de temps ensoleillé et sec. Le merlot récolté sur la rive gauche semble avoir souffert de la pluie, mais pas celui de la rive droite. Le contraire a été vrai pour les cabernets sauvignon et franc plus tardifs. La récolte sur la rive gauche a été tout à fait correcte, tandis que celle de la rive droite a été moins réussie.

Pour les grands châteaux, la saison fut suffisamment longue et chaude pour porter le raisin à pleine maturité. Leurs vins révèlent de vives saveurs fruitées, une acidité équilibrée et des tanins mûrs. Sans doute, le manque de soleil au milieu de la saison végétative a eu un effet sur la concentration des vins. Ce millésime a donné des vins d’une grande buvabilité, mais on doit choisir soigneusement sa provenance. Les châteaux devaient faire en sorte de ne pas essayer d’en extraire plus que ce que le millésime pouvait leur donner.

Le millésime 2017 ne peut être défini en fonction du cépage ni de la région. Les aléas climatiques ont sévi partout dans la grande région bordelaise. J’ai dégusté d’excellents vins de la rive droite et aussi de la rive gauche. La seule tendance qu’il est possible d’avancer est que les meilleurs terroirs se sont généralement surpassés compte tenu des difficultés du millésime, tandis que certains terroirs moins en vue ont connu des difficultés. La règle n’est cependant pas absolue, loin de là.

Les meilleurs vins du millésime 2017 sont équilibrés et mûrs et ils devraient gagner en étoffe après un séjour en fûts. Je soupçonne que les 2017, tout comme les 2014 d’ailleurs, nous étonneront agréablement une fois en bouteilles. En somme, les vins de ce millésime seront un plaisir à boire pendant des années encore, mais ils n’auront pas la puissance qui définit, peut-être injustement, les grands millésimes récents de la région de Bordeaux.


Compte rendu

Le 23 avril – À son retour de la dégustation des primeurs, notre acheteur Paul Farrell s’est montré particulièrement enthousiaste à l’endroit des vins qu’il a dégustés et curieux de voir comment se déroulera la campagne. Son rapport complet sera publié ici le 3 mai prochain.

Les offres

La semaine suivant la dégustation des primeurs, les petits châteaux ont commencé à présenter leurs offres, ce qui en soi n’indiquait pas nécessairement un début de campagne hâtif. Mais déjà ce matin, à la surprise générale, Château Palmer et Alter Ego ont fait part de leurs offres, suivis de Château Coutet. Château Palmer a diminué ses allocations de 20 %. Les autres emboîteront-ils le pas? La campagne sera-t-elle très courte? Le temps nous le dira.

La critique

Certains critiques ont publié leurs commentaires de dégustation et leurs pointages. Voici ce que certains d’entre eux pensent du millésime :

« La plupart des plus importants domaines de Bordeaux ont produit des vins d’une qualité remarquable qui sont promis à un bel avenir. » —James Suckling, jamessuckling.com, 3 avril 2018

« Il s’agit du genre de millésime dans lequel l’on trouvera certains vins surdoués dont le prix sera établi dans le contexte d’un millésime qui a connu des difficultés ». —Jane Anson, decanter.com, 12 avril 2018

« La qualité de ce millésime ne penche pas davantage du côté de la rive gauche ou de la rive droite, mais certains secteurs se sont clairement démarqués. Pauillac, Saint-Julien et Saint-Estèphe par exemple ont produit d’excellents vins […] Certains secteurs de Pessac-Léognan situés près de la ville n’ont pas souffert du gel et ont reçu suffisamment de chaleur pendant l’été pour porter le raisin à pleine maturité – c’est ici que j’ai découvert quelques-uns de mes favoris de l’année, parmi lesquels les vins de Château Haut-Brion et de son voisin Château Les Carmes Haut-Brion. Les secteurs de Saint-Émilion et de Pomerol ont aussi produit de superbes 2017. » —Jane Anson, decanter.com, 12 avril 2018


Commentaires de l’acheteur

La mauvaise nouvelle

Le millésime 2017, communément appelé l’année du gel, a connu une première moitié d’avril anormalement chaude, ce qui a précipité la floraison. Puis, les derniers jours d’avril ont été frappés par un gel dévastateur, tellement sévère par endroits qu’il aura une incidence sur la production des années à venir. Dans la région, il s’agit de la plus petite récolte des dernières décennies.

La bonne nouvelle

Quatre-vingt pour cent des grands vins des 150 meilleurs châteaux n’ont pas été touchés par le gel, puisque les vignobles situés dans les terroirs de premier choix possèdent tous les atouts pour produire d’excellents vins dans des circonstances difficiles. Le millésime se montre particulièrement prometteur dans les grandes appellations telles que Pauillac, Saint-Estèphe et Saint-Julien. Les vins de qualité supérieure devraient se décliner en quantités raisonnables et montrer une bonne à très bonne qualité.

Horaire : Bordeaux primeur

  DIMANCHE
8 AVRIL
LUNDI
9 AVRIL
MARDI
10 AVRIL
MERCREDI
11 AVRIL
JEUDI
12 AVRIL
VENDREDI
13 AVRIL
AVANT-MIDI Arrivée à Bordeaux Dégustation UGC Ch. d’Issan, Ch. Margaux, Ch. Pichon Longueville Comtesse de Lalande, Ch. Grand-Puy-Lacoste, Ch. Pontet-Canet, Ch. Mouton Rothschild, Ch. Lafite Ch. Tour Saint Christophe, Ch. Pavie Macquin, Ch. La Confession, Ch. Angelus, Ch. Canon, Ch. Ausone, Ch. Canon-la-Gaffelière Dégustation au bureau de Nathaniel Johnston, Ch. Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Ch. Haut-Bailly, Ch. Haut-Brion, Ch. Les Carmes Haut-Brion Dégustation en primeur à la maison Joanne/résumé du millésime
APRÈS-MIDI Dégustation chez Ulysses Cazabonne/aperçu du millésime. Visite de Ch. Kirwan. Moueix et Pétrus Ch. Calon Ségur, Ch. Montrose, Ch. Cos d’Estournel, Ch. Ducru Beaucaillou, Ch. Léoville Las Cases, Ch. Latour Ch. Figeac, Ch. Cheval Blanc (et Ch. d'Yquem), Vieux Château Certan, Ch. La Conseillante, Ch. l’Évangile, Ch. Nenin, Ch. Clinet, Ch. L'Église-Clinet, Ch. Le Gay Évaluations et impressions officielles Retour à la maison

Notre acheteur


Paul Farrell
Chef de catégorie, Vins européens, Vintages

Paul évalue chaque année avec l’équipe d’acheteurs de Vintages un total de 25 000 vins, dont environ 5 000 finissent par être commercialisés. Paul travaille pour Vintages et la LCBO depuis 2001. Il a fait ses débuts en tant que conseiller en produits dans les succursales, puis il a participé à la rédaction du contenu du site Web et des catalogues pour ensuite devenir un acheteur en 2008. Il supervise actuellement tous les achats de vins européens de Vintages. Il est titulaire d’un diplôme d’études en vins et spiritueux décerné par la Wine & Spirit Education Trust du Royaume-Uni et est reconnu comme étant l’un des grands experts en produits de la LCBO.

Remarque : Vintages regrette de ne pas pouvoir garantir que les achats de caisses complètes seront expédiés dans leurs coffrets de bois d’origine.
Vintages ne fait aucune livraison à l’extérieur de l’Ontario.